Érotisme,  Passion

Festin

Mon orgasme venait sans doute de la situation plus que de la demande de mon inconnu. Rencontré la veille, les jeux des plaisirs érotiques, il en était maître! De son index, il avait fait glisser la culotte de dentelle. De son regard sûr, ténébreux, il avait désigné la porte de la chambre d’hôtel. Soumise, je l’avais suivi.

Dans la rue, le vent de l’hiver s’infiltra entre les mailles de ma longue robe noire. La froide main aérienne avait hérissé les poils de mon pubis mis à nu par le vœu de mon amant.

Assise à côté de lui, je le présentai comme un ami. Pouvaient-ils seulement imaginer que je ne le connaissais que depuis la veille ?

Tandis que je bavardais avec le dentier agité de Tante Audrey, je sentis la chaleur de sa main se poser sur ma cuisse. Lentement, il la caressa. Tout en parlant avec Oncle Albert, dont l’haleine écartait les mouches, il se glissa sous l’étoffe.

Sous la table , je tentai de repousser l’incestueuse main ! Il tourna son regard bleu profond. Sur la nappe blanche, je posai ma dernière défense. La vue de ma bague entraîna un nouveau sujet de discussion de la part des moribonds, tandis que la main, légère et douce comme une plume, remontait patiemment vers mon intimité sans défense.

Le coquin prit son temps ! Devant l’ouverture, il écarta les portes qui ne demandaient qu’à s’ouvrir, poussées par le désir. Les visiteurs prirent un malin plaisir à me faire languir, touchant, caressant, rentrant, sortant… Je n’y tins plus et sous la table, je pinçai l’avant-bras de mon envahisseur. L’étoffe du costume m’excita autant que le fait de le pincer !

Les doigts s’immobilisèrent. Je restai coite, retins mon envie de me mordre la lèvre inférieure. Le regard bleu contempla ma souffrance : jouir en silence, sans qu’aucun des convives nauséeux, présents pour l’enterrement de mon époux, ne s’en aperçoive.

Connectons-nous

53 commentaires